13/08/2006Délicieux service militaire-Chapitre 1
Comme un certain nombre de gaïens (coucou les vieilles ^^), j’ai eu la chance (jugement très subjectif je le reconnais) de faire mon service militaire, avant l’instauration de la JAPD (comprenez la Journée d’Appel Pour la préparation de la Défense), j’ai fait partie du contingent 99/10 (incorporé en octobre 1999).
Je n’avais donc pas encore 23 ans. Cette incorporation tombait très bien parce que j’étais empêtré dans des études qui me déplaisaient, que je m’appliquais à foirer pour blesser mon père et que beaucoup de choses se bousculaient dans ma tête.
J’y ai donc vu une parenthèse salutaire puisque 1) j’étais obligé d’y aller, 2) je quittais le domicile familial, 3) j’étais nourri, logé (et presque blanchi) ce qui me permettait d’avoir une relative indépendance.
A vrai dire, si je n’avais pas eu cette opportunité, je pense que je ne serais plus là pour en parler tellement cette période (de plusieurs années tout de même) m’était devenue insupportable.
L’incorporation
J’avais reçu mon ordre d’affectation pour Draguignan (sous préfecture du Var) où je devais me présenter à l’EAA (Ecole d’Application de l’Artillerie) ce matin d’octobre.
J’ai donc pris un train de nuit au départ de Chambéry, profité des 2 min d’arrêt à Grenoble pour faire un bisou à ma sœur et des copines qui étaient venues m’attendre sur le quai pour m’encourager et je suis reparti pour mon long périple en train.
Je déteste le train de nuit. Je n’avais pas pris de couchette évidemment, nous étions un certain nombre d’incorporés dans ce cas, plus ou moins bien installés à nos places.
Forcément, j’appréhendais un peu la suite des événements mais le train a toujours eu pour effet de m’endormir, j’ai donc sombré assez rapidement.
Sur les coups de 5h du matin, tout le wagon a été réveillé en sursaut par des hurlements.
Une fille est passée dans le couloir en se tenant la cuisse et en criant des trucs du genre :
« La s*** elle m’a planté avec son couteau. P*** j’vais la tuer… »
En me redressant sur mon siège, j’ai regardé autour de moi, hagard, le temps de me souvenir où j’étais, où j’allais. Visiblement je n’étais pas le seul, on aurait dit un wagon de lapins pris dans les phares d’une voiture !
Nous nous sommes arrêtés dans une gare, le temps que la police vienne récupérer les protagonistes de l’affaire et quand on est reparti, tout le monde était bien droit sur son fauteuil et personne n’a pu se rendormir pour le reste du trajet.
En arrivant à la gare des Arcs-Draguignan, on a été pris en charge pour être transportés jusqu’à l’EAA.
Arrivés là bas, on a eu droit à un petit déjeuner.
1ère rencontre avec l’ordinaire ou le camembert, un immense bâtiment rond, lieu de restauration et bas fond de la gastronomie. Ce n’était pas bon, évidemment mais ça nous au moins un peu rempli l’estomac.
On a passé la matinée à remplir des papiers, passé des entretiens (genre "avez-vous envie de vous suicider?"), ça nous a permis de discuter un peu entre nous, de créer quelques liens.
Une fois la phase administrative remplie, on est passé à la tonte !
Comme il s’agissait de s'occuper de tous les appelés en 2h de temps (soit environ 250 personnes), on avait l’air de moutons dont on récoltait la laine à la chaîne.
D’un point de vue purement esthétique je n’étais pas fan au début : j’étais assez laid, les premiers jours je ne mettais pas mes lentilles et franchement mes lunettes+ boule à zéro ça ne le faisait pas. Par contre d’un point de vue pratique, un bonheur !
Nous voilà donc enregistrés, tondus, alignés (pas tatoués mais presque) et prêts à être divisés en sections.
Un MDL (maréchal des logis) nous a regroupé, fait l’appel: je suis toujours avec les mêmes personnes depuis le début de la journée et nous devenons la section 5.
Direction le fourrier ( celui qui gère tous les équipements ; armes exceptées). On nous distribue treillis, rangers, casque, pancho, gants, parka, tee shirt, polo, mini slips blanc (idéal pour les fétichistes de sous vêtements), short de sport (tellement court qu’on l’aurait dit dessiné par le styliste de Mariah Carey ), chaussettes, béret, pucelle (insigne que l’on accroche au béret), sacs et quelques autres cochoncetés.
Harnachés comme des bourriques, nous rejoignons tous la place d’appel et nous alignons, chacun dans sa section.
En discutant un peu, j’apprends que la section 2 est la section des appelés qui composeront la fanfare et le personnel des services de restauration. Leur section n’a que 15 jours de classe avant d’être affectée dans les services au lieu d’un mois (le mois de classe est la période pendant laquelle on apprend le maniement des armes, marcher au pas etc…).
Chouette me dis-je, je vais m’économiser 15 jours de classe. J’ai fait 5 ans de flûte traversière, je vais donc intégrer la fanfare (j’ignorais qu’il fallait avoir passé un entretien préalable).
J’ai donc pris mon paquetage et j’ai changé de section tout seul comme un grand.
J’ai passé le reste de la journée dans la section 2 et c’est seulement à la fin de la journée que notre MDL a remarqué que je n’étais pas sur sa liste. On m’a donc demandé de récupérer mon paquetage et on m’a emmené dans une autre section.
La logique aurait voulu que je revienne dans la section 5, vu que c’est là que j’avais été affecté… et bien non, j’ai atterri dans la section 4. Je ne comprends toujours pas pourquoi.
L’avantage c’est qu’en une journée j’avais fait 3 sections donc rencontrés plein de mecs [non à l’époque je n’avais pas franchi le cap, il n’y avait rien de sexuel dans l’histoire] mais ça m’a permis de poser les bases d’un réseau très utile pour bénéficier de petits passe droits, avantages et gossips en tout genre.
…. tout bi continuède
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13/08/06 - 19:59
Moi j'aime bien les cheveux rases .... tu as une photo ? ;)
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